• J’ai toujours rêvé de faire un jour une grande épopée, tel les grands explorateurs d’antan qui prenaient la mer pour découvrir des contrées encore inconnue.... N’ayant pas le pied marin, j’ai tout de suite abandonné l’idée de faire un périple en bateau. J’avais plutôt pensé à un long voyage en bus, en train ou à dos de poney....

    Où, quand, comment, tout restait à écrire... Quand je suis arrivée en Australie, ce rêve a resurgi et comme une évidence j’ai réalisé que c’était ici et maintenant que j’allais vivre cette grande expérience. Le poney étant trop têtu, j’ai opté pour le vélo, beaucoup plus docile. J’ai préparé mon itinéraire, acheté mon équipement et j’ai osé. Osé prendre cette décision de partir, osé partir seule, comme une grande, à travers l’immensité qu’est l’Australie. J’ai du faire face à mes doutes, mes craintes et mes hésitations. Car prendre la route seule, en étant une demoiselle, ce n’est pas une mince affaire. Mais je me suis dit 2 choses : la première c’est qu’il y a sur terre beaucoup plus de bonnes personnes que de mauvaises personnes. Et la deuxième c’est que finalement il peut arriver n’importe quoi n’importe quand, alors autant que ce soit en vivant ses rêves.  

    Avec Grace, mon fidèle destrier tout terrain, suspension avant et 21 vitesses, nous partons donc à la découverte du Centre Rouge, à pas de tortue.

     


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  • Pour continuer mon voyage, j'ai décidé de changer de moyen de locomotion et de prendre le temps de vivre au grès de mes coups de pédales. Ce n'est certainement pas le moyen de transport le plus rapide mais pour l'avoir testé lors de mon week-end dans la McLaren Valley, c'est un bon moyen pour passer partout et entrer facilement en contact avec les gens.

    Je quitterai Adélaïde demain à bord de mon petit bolide, et voici le programme pour la semaine à venir :

    Lundi 20 MAI

    Adélaïde - Gawler (50 km) logement gratuit chez l’habitant, douche, électricité

    Le départ. Je quitterai Adélaïde dans la matinée pour me laisser le temps de rejoindre Gawler tranquillement. Je passerai par Port Adélaïde, le quartier nord est d’Adélaïde, pour visiter. Je passerai la nuit chez Warren et Kirsten et leur 3 enfants.

    Mardi 21 MAI

    Gawler - Tarlee (90 km) logement gratuit en camping, pas de douche, pas d’électricité

    Cette étape traverse la Barossa Valley, la région viticole la plus réputée d’Australie. J’ai prévu de visiter une fabrique de tonneaux et de m’arrêter dans une cave pour une dégustation. Je pense également monter à un point de vue qui offre un joli aperçu sur la vallée. Nuit à Tarlee dans une aire de camping gratuite.

    Mercredi 22 MAI

    Tarlee - Watervale (40 km) logement gratuit chez l’habitant, douche, électricité

    Après la Barossa Valley, je traverserai une autre région viticole, la Clare Valley. Cette étape est courte, mais 2 détours de 20km chacun sont envisageables, l’un pour voir le manoir de Martindale et l’autre pour visiter le Spring Gully Conservation Park, un parc naturel. Nuit chez Kerstin.

    Jeudi 23 MAI

    Watervale - Gulare (70 km) logement gratuit en camping, pas de douche, pas d’électricité

    Vendredi 24 MAI

    Gulare - Melrose (80 km) logement gratuit en camping, pas de douche, pas d’électricité

    Arrivée dans le parc national du Mont Remarkable.

    Samedi 25 MAI

    Melrose - Day off nuit en camping payant, douche, électricité

    Ascension du Mont Remarkable en randonnée pédestre (900m d’altitude, 12 km de randonnée)

    Dimanche 26 MAI

    Melrose - Quorn (65 km)

    Après.... tout reste à écrire, tout est possible!


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  • Je suis donc partie pour un voyage à vélo Lundi 20 MAI 2013 d’Adélaïde.  

    Ma première étape fut Gawler, à 60 km auLe départ Nord d’Adélaïde. En chemin, j’ai choisi de passer par le quartier de Port Adélaïde pour faire une petite visite de cet ancien port de commerce en pleine reconversion. Des bars branchés et des galeries d’artistes fleurissent un peu partout, rendant l’endroit bien plus vivant qu’auparavant. Sur le port, alors que je vérifiais le chargement de mon trailer, Mary, une petite dame de la Clare Valley est venue échanger quelques mots avec moi. Elle était heureuse de rencontrer une Française à vélo, elle qui regarde le tour de France tous les ans. Ses sourires et ses gentils mots m'ont mis du baume au cœur.

    Le départJ’ai poursuivi ma route jusqu’à Gawler, où j’ai passé la soirée et la nuit chez la famille Wisson, rencontrée sur un site communautaire de cyclotourisme. Kirsten, Warren et leur 3 charmants garçons, Fin, Ary and Errol ont été adorables avec moi. Les garçons m’ont raconté des blagues, m’ont fait des tours de magie et m’ont joué de la musique. Quel merveilleux moment! Warren m’a proposé pour dormir de déplier ma tente sur son carré de pelouse, ou de dormir sur le trampoline géant, ou encore dans la cabane dans les arbres des enfants. J’aurais bien opté pour cette dernière proposition mais il m’a finalement emmené dans la dépendance qu’il a construite pour ses invités, c’était grand et tout confort!


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  • La Barossa Valley J’ai repris la route le lendemain pour aller explorer la Barossa Valley, la région viticole la plus renommée d’Australie. Ce sont des allemands, fuyant la guerre contre la Prusse qui se sont installés ici en premier, apportant leurs vignobles. Beaucoup de villes ont d’ailleurs des consonances allemandes dans le coin. J'ai visité une fabrique de tonneaux et je suis allée faire une dégustation dans une cave. Cathy, la sommelière, m’a reconnu, elle m’avait doublé sur la route le matin. Elle m’a félicité, et en discutant, il s’est avéré que c’était une amie de la famille Wisson! J’ai donc eu droit à une dégustation digne de ce nom. Puis j’ai continué mon chemin, fait de montées, de montées et encore de montées... J’avais du mal à avancer avec le poids du trailer, mais j’ai tenu bon. Arrivée à Kapunda, il me restait encore 24km jusqu’à Tarlee, où j’avais initialement prévu de m’arrêter pour passer la nuit. J’ai préféré faire halte à Kapunda, craignant d’être prise par la nuit avant mon arrivée à Tarlee. Joyce du centre d’information m’a aidé pour trouver un camping, mais m’a également annoncé qu’il allait pleuvoir fort dans la nuit. Ma tente n’étant pas totalement waterproof (je maudis le petit chinois qui me l’a vendu comme tel), j’ai repris mon trailer et j’ai erré dans les rues à la recherche d’une autre solution...

    Le sourire bienveillant de Bill, un ancienLa Barossa Valley policier à la retraite m’a attiré. Je lui ai demandé l’hospitalité, qu’il m’a offert sans hésité. Il m’a cuisiné un bon repas, m’a donné des chocolats :-) et des cartes pour la suite de mon périple. On a beaucoup parlé, il m’a raconté son enfance, m’a montré ses livres d’école, m’a parlé de ses enfants, de sa carrière dans la police (c’était un haut fonctionnaire du gouvernement, un genre d’agent secret!). Je l’ai surnommé Clint Estwood.  

    La Barossa ValleyLe lendemain matin Bill m’a emmené faire sa marche quotidienne avec une voisine à lui. Marche active, papotage et découverte des alentours au petit matin, quoi de plus agréable! Ils m’ont montré les anciennes carrières des mines de cuivre où les couleurs après la pluie sont magnifiques. Après les dernières recommandations de Bill qui voulait me garder pour la semaine tant il avait à me montrer, j’ai repris ma route en direction de la Clare Valley.


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  • J'ai donc continué ma route vers le nord malgré une météo peu clémente. J’ai pris une belle averse sur le coin du nez, mon trailer était bien protégé par la bâche mais moi j’étais trempée jusqu’aux os et il n’y avait rien sur la route pour s’abriter. Un tracteur s’est arrêté à ma hauteur, sa ferme était juste à côté, il m’a proposé un café et d’attendre que la pluie cesse. Du coup je n’avance pas beaucoup mais je fais de belles rencontres! 

    Le midi j’ai pique-niqué dans un abris, j’aiLa Clare Valley fait cuire mon riz au barbecue à disposition et fait sécher mes vêtements par la même occasion. L’après-midi j’ai croisé des kangourous dans les vignes sur le Riesling Trail, une jolie promenade à vélo à travers la Clare Valley. J’ai fini par arriver à ma ville étape, Watervale, où m’attendaient Kerstin. J’ai passé une agréable soirée avec elle, elle travaille dans une cave, nous avons dégusté un riesling autour d’un bon repas et de sympathiques discussions. Elle m’a proposé de rester une nuit de plus pour découvrir la région, j’ai accepté. 

    La Clare ValleyLe lendemain je suis donc partie en exploration à vélo, mais sans le trailer. J’ai d‘abord visité le Martindale Hall, un manoir unique de type géorgien de 1880. La bâtisse est absolument magnifique, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur où tout le mobilier d’origine a été conservé. On déambule dans le hall, la bibliothèque, la salle de billard, la cuisine, la buanderie, les chambres, les salles de bain. C’est un véritable voyage dans le temps. 

    Suite à cela j’ai visitéLa Clare Valley la cave de Sevenhill, fondée par des jésuites. Le prieuré au milieu des vignes est de toute beauté. La spécialité de la Clare Valley est le riesling, mais l’on trouve également quelques rouges, shiraz ou cabernet sauvignon. Un musée conte l’histoire de la maison au milieu du chaix où de vieux fûts de chêne hébergent le précieux breuvage. 

    La Clare ValleyA quelques kilomètres de là j'ai fait une randonnée dans le Spring Conservation Park, au milieu des eucalyptus. La forêt est magnifique et commence à revêtir son manteau d’automne en se parant de rouge. A la fin de la journée, j’ai rejoint Kerstin pour un petit footing dans les vignes, au soleil couchant...


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  • Je tenais à remercier chaleureusement ces 2 demoiselles qui m’ont accueillie à bras ouverts et m’ont fait passer un merveilleux séjour dans la Clare Valley.

    Amoureuses du 2 roues, elles ont traversé les Etats-Unis ensemble pendant 4 mois. Chapeau les filles.Elles m’ont fait profité de leur expérience, notamment en matière de diététique. Oui le riz c’est bon mais c’est long à cuire au camping-gaz, les bouteilles ne poussant pas dans les arbres du désert ce n’était pas une bonne idée. Elles m’ont conseillé de prendre plutôt de la semoule, beaucoup plus facile à cuire. Pour le matin un bon muesli cale bien et est plein d’énergie, et pour l’accompagner le lait en poudre est plus pratique que la brique de lait (j’ai explosé la première dans mon sac, ça sentait le bébé qui a régurgité... sympa!). Pour faire des sandwichs, les wraps sont beaucoup plus faciles à transporter que le pain de mie. Et elles m’ont donné cette idée géniale d’avoir quelque chose qui cale bien le ventre en cas de fringale, soit du beurre de cacahuète ou... du Nutella!

    Merci Kerstin et Louise


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  • Les Flinders RangesEn poursuivant ma route vers le nord, je suis entrée dans le parc national des Flinders Ranges, l’un des plus jolis parcs nationaux d’Australie. Les champs de céréales et les pâturages s’étendent à perte de vue, séparés ça et là par quelques forêts de pinèdes, et en toile de fond une chaine de montagne escarpée vient donner du relief au paysage. Mon idée était de gravir le Mont Remarkable, le sommet le plus haut du parc, avec ses 965 m d’altitude. Pour ce faire, j’avais 145 km a parcourir, que j’avais décidé de faire en 2 jours. Le premier soir je me suis arrêtée dans une aire de camping libre pour planter ma tente à côté de 2 caravanes déjà en place. Un camion quittait l’aire quand j’arrivais, s’arrêtant à ma hauteur le chauffeur m’a demandé si tout allait bien et si j’avais tout ce qu’il fallait pour dormir et manger. Je lui ai répondu que oui, mais étant bientôt arrivé chez lui et n’en ayant plus besoin, il m’a laissé du lait, du fromage, du pain, et une boite de viande aux légumes. Festin ce soir! 

    Le lendemain j’ai repris la route, et jeLes Flinders Ranges n’avais pas fait 10 km qu’un 4X4 me dépassant s’est arrêté à ma hauteur, la vitre fumée descendant a laissé apparaître deux grands sourire et un “Hi mate, how are you doing?”. C’était Tim et sa fille Tiffany. Sur le bord de la route, Tim m’a ainsi invité pour un petit déjeuner avec œuf et bacon, me dessinant un plan pour aller chez eux dans la terre à la clé à molette. 30 minutes plus tard j’étais assise en face d’une copieuse assiette et d’une tasse de thé bien chaud. Tim gère une entreprise sur Adélaïde et Tiff est vétérinaire. Ils viennent le week-end dans leur petit cottage pour s’occuper de la trentaine de vaches qu’ils ont ici. Ils m’ont proposé de passer la journée avec eux, pour changer les vaches de champ. Après les moutons, why not!  

    Les Flinders RangesNous sommes donc partis en direction de la ferme, où j’ai retrouvé le tracteur, les bottes de foin et les vaches bien dodues. Tim élève des Angus (miam!) pour leur viande. Avec Tiffany, nous devions donc mener le troupeau, mais non pas à pied, en moto! Je n’avais jamais piloté un tel engin, alors Tim m’a donné une rapide petite leçon de démarrage, de passage de vitesse et de freinage. Je me suis bien amusée avec la moto dans les champs, et les vaches sont bien arrivées à destination. 

    Le soir au cottage, Tim nous a préparé un délicieux poulet rôti, que nous avons dégusté au son de son harmonica, sur la terrasse au coin du feu... Une journée imprévue, une journée magnifique!

    Les Flinders Ranges


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  • Le Mont RemarkableJ’ai pris congés de Tim et Tiff pour reprendre ma route vers le mont Remarkable. Je l’apercevais déjà depuis un moment sur la route, se dressant au loin. Arrivée à Melrose, petite cité au pied du sommet, j'ai monté ma tente sur une aire de camping libre, où j’ai fait la connaissance de Reg et Yvonne, un couple de retraités du Victoria voyageant en caravane vers le nord pour y trouver un climat plus clément le temps de l’hiver. Ils m’ont proposé de discuter autour d’une tasse de thé et de petits gâteaux préparés par Yvonne. Nous avons longuement échangé, mon idée de voyager en vélo en Australie les a beaucoup amusée. Du coup ils m’ont également invité à diner, rôti de porc aux petits légumes et gâteau aux fruits à la crème anglaise, c’était du camping de luxe! 

    Le Mont RemarkableLe lendemain j’ai laissé mon vélo et mon trailer dans le garage d’une gentille dame et je suis partie faire une randonnée pédestre sur le mont Remarkable, encore dans les nuages au petit matin. L’ascension se fait au milieu de pierriers et d’eucalyptus. La vue s’est dégagée peu à peu, laissant apparaître l’immensité des Flinders Ranges. 

    Je suis arrivée au bout de mon programme pour cette semaine à vélo. J’ai parcouru 470 km, rencontré des gens plus gentils les uns que les autres, passé des moments hors du temps, magique. J’ai donc décidé de ne pas en rester là et de continuer ce voyage à vélo. J’ai un rêve, aller voir Uluru à tour de roue... Je ne cherche pas l’exploit, juste à vivre mes rêves et faire de ce voyage en Australie une parenthèse enchantée dans ma vie.

    Le Mont Remarkable


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  • Port Augusta - Pimba Pour parcourir l’immensité du Centre Rouge, j’ai choisi de rejoindre Port Augusta, une cité sur la côte sud. En chemin, j’ai eu un premier pépin, une roue de mon trailer s’est détachée, ce dernier s’est renversé sur la route. J’ai pu réparer la fixation défectueuse, mais dans la chute j’ai percé un de mes jerricane d’eau. Heureusement j’étais encore en ville, je pouvais le remplacer aisément.J’ai passé la nuit dans un camping, et alors que j’étais allongée sur la pelouse à préparer mes étapes sur la carte, Kym, un papi soixante-huitard funny et friendly est venu me trouver. Il se revendique Anglais et non pas Aussie, trouvant qu’il y a plus de culture dans un yaourt que chez les Australiens. Il m’a beaucoup amusé avec son franc-parler, un sacré personnage! Il m’a offert un gilet jaune pour fixer sur mon trailer, pour être plus visible sur la Stuart Hwy, cette grande route qui traverse l’Australie du Sud au Nord.

    Port Augusta - Pimba Je suis partie le lendemain, découvrant peu à peu ce changement de décors, cette immensité. Au départ des arbrisseaux recouvraient cette terre rouge, laissant peu à peu place à de petits buissons. Je pédalais au milieu d’une terre aride, sous un soleil de plomb, et ce pour des kilomètres et des kilomètres, tout du moins je pensais...

    Mais ce n’était pas sans compter sur le fait que, cas très exceptionnel dans cette partie de l’Australie, je me suis pris une tempête sur le coin du nez. Un vent de face incroyable, une pluie battante, de la grêle, si bien que j’appuyais sur les pédales comme une forcenée pour avancer à 7 km/h... J’ai donc passé 7h sur mon vélo pour faire les 70 km qui me séparaient alors de la prochaine station service, où une aire de camping libre avec douche chaude m’attendait. J’étais exténuée, quand j’ai entendu “Hi Val!!!”. Incroyable! Je me suis retournée et j’ai vu David et Glenda, que j’avais rencontré la veille sur une aire et qui m’avait offert un café, tout sourire. Quelle chance!! Ils m’ont invité à manger et m’ont redonné le sourire, que j’avais troqué je l’avoue l’instant d’une journée contre une série de grimaces.

    La nuit j’ai installé ma tente sur unePort Augusta - Pimba grosse bobine de câble pour ne pas prendre l’eau. Il pleuvait à torrent, autant ne pas prendre le risque de tremper toute mes affaires. Le lendemain le temps n’était pas très sûr, alors je suis restée sur l’aire, j’en ai profité pour laver mes affaires et recoudre ma tente qui s’était déchirée avec le vent.  

    Port Augusta - Pimba J’ai fait la connaissance de Bob and Mary, des “Grey Nomads”. Les nomades gris sont des retraités qui ont vendu leur maison et qui vivent dans de grands bus tout confort, voyageant ainsi à travers tout le pays. J’ai passé la journée avec eux, dégustant le bon cake à la banane de Mary, toute fière de me montrer des photos de ses enfants. Une journée off bien enrichissante. Je reprendrais la route demain, un beau soleil et un vent du sud sont annoncés, que du bonheur pour pédaler! Prochaine étape, Cober Peddy, dans 400 km où une pizza offerte par Joe, rencontré à port Augusta, m’attend! Voyagez, vibrez, et surtout n’oubliez pas qu’après la pluie, le beau temps fini toujours par revenir...


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  • J’ai profité du retour du beau temps pour reprendre la route. La première journée il a fait beau, chaud, la route était belle, j’ai retrouvé le plaisir de rouler. En chemin je me suis arrêtée aux abords d’un lac salé, magnifique. J’ai posé le vélo pour me promener un peu sur le sable et profiter de la quiétude des lieux. Un peu plus loin, j’ai croisé quelques émeus qui gambadaient dans les hautes herbes. Les paysages sont toujours aussi sublimes, je ne m’en lasse pas. Au-dessus de ma tête planait un aigle, majestueusement. Il attendait que je parte pour déguster les restes d’un kangourou mort sur la route. Il est fréquent d’en voir, les aigles en font un festin. Une dame m’expliquait que parfois il mangeait tellement qu’ils étaient énormes et qu’ils ne pouvaient plus s’envoler!  

    En chemin, je fais toujours autant de rencontre. Mon “push-bike” est une porte-ouverte à la discussion. Je suis souvent conviée pour un thé, un café, une part de gâteau, ou même un diner. Une famille m’a même proposé de charger mon vélo dans leur pick-up pour m’avancer plus vite. Mais j’ai refusé, mon but est de justement prendre mon temps! Seulement ce jour là le vent a soufflé fort. Un de mes piliers de tente s’est cassé, il va vraiment falloir que j’en rachète une cette fois. Sur le vélo j’ai eu droit à un superbe vent de face. Je luttais contre pour avancer, si bien qu’au bout de 40 km j’étais épuisée, vidée. Je me suis arrêtée sur une aire, je me suis assise à la table et je n’ai plus bougé. J’étais à bout de force, et le mental en avait pris un sacré coup. C’est alors que sont arrivés Peter et Janet, un couple de retraités. Ils m’ont demandé si ça allait, je leur ai dit que j’avais connu mieux... Alors ils m’ont invité dans leur caravane, et Peter m’a redonné le moral pendant que Janet m’a préparé un sandwich, un café et une part de gâteau à la banane. Ils m’ont reboosté, je suis remontée en selle et j’ai repris ma route. J’ai quand même pensé toute la journée que j’aurais du accepter la proposition du pick-up...

    Alors que je peinais à avancer, j’ai vu un sac sur le bord de la route. Une tente! Incroyable! Elle a du tomber d’un van ou d’un 4X4. Après avoir vérifié qu’aucune bestiole ne se cachait dedans, j’ai accroché le sac sur mon trailer pour inspecter l’état de la tente au bivouac le soir venu. Il s’est avéré que cette tente est de très bonne qualité, mieux doublé que la mienne, bien isolée, je n’ai pas eu froid dedans et je n’ai pas eu d’infiltration d’eau lorsqu’il a plu. J’ai donc une nouvelle tente!  

    Le soir au bivouac j’ai rencontré 3 hommes qui faisaient un roadtrip en 4X4 dans le désert. Ils m’ont invité à partager un moment avec eux au coin du feu, avec au menu viandes grillées et pomme de terre en papillote. Il y avait également un chauffeur de road train avec nous, il fait la route entre Adélaide et une ville du Nord, il m’avait vu quelques jours auparavant. Nous allons nous recroiser sur la route, il m’a promis de me déposer un coca bien frais! Comme quoi après les moments difficiles il y a toujours quelque chose de bon qui arrive, j'ai finalement bien fait de refuser l'aide du pick-up ;-).

    Au petit matin pour reprendre la route il pleuvait, alors les 3 hommes au 4X4 m’ont donné une combinaison anti pluie 10 fois trop grande et un gilet orange pour être plus visible. Je pense que j’ai atteins le summum de la touch on the bike! Je rigolais toute seule sur mon vélo en imaginant ce à quoi je pouvais ressembler. Je pense que la fashion police m’aurait mis directement en prison, sans passer par la case départ et sans toucher 20 000 francs! Mais au moins j’étais bien abritée. Non je ne mettrai pas de photo, je tiens à mon image et à ma réputation! :-)

    Je suis à présent à Coober Pedy, une ville aux mines d’opale surprenante. J’ai planté ma tente sous terre! Reportage à suivre...


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  • Coober Pedy est une petite cité au milieu du désert réputée pour ses mines d’opale et son soleil ardent. Si certains ont fait fortune, d’autres creusent toujours, ce qui fait des environs de la ville un vrai gruyère où il est dangereux de se promener, au risque de tomber dans un trou. La ville étouffe sous le soleil en été, ce pourquoi les habitants ont choisi de construire leurs habitations sous terre, dans d’anciennes mines.

    Coober PedyTrès attirée par cette vie underground, j’ai choisi de séjourner dans le seul camping sous terrain au monde. J’ai planté ma tente sous terre, petite ambiance homme des cavernes garantie. Au camping j’ai rencontré Laura et Benjamin, un gentils couples de Français cuisiniers, Morgane et Vincent, un petit couple Belge, et Andi, un motard Suisse-Allemand. J’ai passé un très bon moment avec eux, nous avons échangé sur nos expériences de voyage.

    Le lendemain j’ai visité l’église Paul andCoober Pedy Peter’s Catholic Church, construite sous terre elle aussi. C’est tout petit, tout cosi, le lieu invite à la méditation. J’ai visité également l’église orthodoxe, l’hôtel de luxe sous-terrain et de petites échoppes d’opale. Il fut ensuite temps d’aller déguster le cadeau offert par Joe à Port Augusta, me donnant 20 dollars pour manger une pizza à Coober Pedy. Je l’ai choisi au kangourou, à l’émeu et au camembert pour faire bien local. Un vrai régal.

    Puis je me suis rendue au centre d’information pour avoir des renseignements sur le Painted Desert et la piste à emprunter pour y aller. La fille du centre n’en avait aucune idée mais la dame qui attendait derrière moi avait justement une ferme sur la route du Painted Desert. Elle m’a expliqué quelle piste prendre, et m’a donné sa carte pour que je l’appelle si jamais je venais. Je n’ai plus qu’à réfléchir si je prends le risque de faire de la piste avec le trailer ou non! 


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  • The Painted DesertAprès mûre réflexion, j’ai choisi de quitter la route principale pour me rendre dans le Painted Desert. J’ai appelé Jackie, qui a du s’absenter pour quelques jours, mais la ferme est gardée par Janet et Garry pendant son absence. Janet m’a dit qu’il me faudrait 2 jours pour atteindre la ferme, et si je n’étais pas arrivée à 16h le second jour Garry viendrait à ma rencontre en 4X4. J’ai donc pu partir tranquille, rassurée. J’avais juste une nuit à passer au milieu de nul part. La piste était en bonne état, j’avançais bien. J’en ai donc profité pour faire un détour par les breakaways, une formation géologique stupéfiante au milieu de la Moon Plain. C’était incroyable de pédaler dans ce paysage lunaire.

    J’ai passé la Dog Fence, cette barrière de 5500km de long qui protège les troupeaux de moutons du sud contre les attaques de dingos du nord. Un dingo est capable de tuer 40 moutons en une nuit! J’ai posé la question, ils n’attaquent pas l’homme, mais par contre je vais devoir faire attention à ma nourriture. Si ils mangent mon Nutella on ne va pas être copain eux et moi!

    En début d’après-midi Andi m’a rattrapé.The Painted Desert En gentleman il m’a proposé de passer cette nuit dans le bush avec moi. Nous avons donc monté le bivouac ensemble, tentes, feu de camp, ciel étoilé, discussions au coin du feu... C’était un super moment. Mon rêve australien a vraiment pris forme!

    Le lendemain j’ai repris la route pour la ferme de Mont Barry, quittant Andi qui lui partait plus au nord. Mais juste avant d’arriver à la ferme, je l’ai retrouvé sur la route, il a eu un accident. Il n’avait rien mais sa moto était hors d’état de marche. Quel triste sort pour lui, 3 semaines avant la fin de son périple. Je lui ai promis de continuer mon voyage et de penser fort à lui devant Uluru. A Mont Barry nous avons été accueilli par Janet et Garry. Je me suis mise en cuisine avec Janet pour confectionner un goulash et j’ai fait des cannelés express. C’était encore une très belle soirée.

    The Painted DesertLe lendemain je suis partie en direction d’une autre ferme, Arkaringa, juste aux portes du Painted Desert. Garry a appelé David pour l’informer de mon arrivée, estimer le temps que je mettrai pou m’y rendre et David viendrait me chercher si je n’étais pas là à temps. Je suis arrivée à Arkaringa et David s’est occupé de moi comme de sa fille. Nous avons fait une excursion photo dans le Painted Desert ensemble. Les couleurs étaient incroyables, d’où le surnom de cette partie du désert. La piste que je devais ensuite empruntée était en très mauvaise état à cause des pluies des derniers jours, alors pour ma sécurité David m’a ramené en 4X4 sur la route principale, la Stuart Hwy. Je vais pouvoir continuer ma route vers ma prochaine étape, Uluru!


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  • UluruArrivée au kilomètre 1658 de mon périple et après avoir suivi cette longue ligne droite qu’est la Stuart Hwy, j’ai pris le virage sur la gauche direction Uluru. J’ai eu des frissons en voyant le panneau, tellement il me tenait à cœur de découvrir ce lieu. Il me restait 250 km à parcourir, de quoi savourer l’approche. J’ai croisé beaucoup de gens qui s’y rendaient et tous avaient un plan pour leur moment près du rocher : diner dans les dunes, champagne au coucher de soleil, balade en chameau... Pour la première fois depuis mon départ je me suis sentie un peu seule, je n’avais pas de plan et personne avec qui partager cet instant. Ca m’a rendu un peu triste...
     
    J’ai continué ma route, plus déterminéeUluru que jamais. Plus j’approchais et plus je me sentais pousser des ailes, comme transcendée par une force spirituelle. Enfin au sommet d’une montée j’ai aperçu le rocher. J’ai fondu en larmes sur mon vélo, des larmes de joie et d’émotion. J’avais beau l’avoir vu des centaines de fois en photo, j’ai pris une claque en le découvrant en vrai. Et puis je l’ai fait, je suis arrivée à Uluru en push-bike!
      
    UluruAlors que j’installais ma tente au camping, j’ai reconnu Shannon, Edith, Mark et Sally from Tasmanie que j’avais croisé sur une rest area avant Coober Pedy. Incroyable de les recroiser ici! Ils étaient eux aussi contents de me revoir et m’ont invité à partager le repas d’anniversaire de Shannon. Au menu huîtres de Tasmanie au barbecue, barramundi (poisson fameux du nord de l’Australie) et ses petits légumes et cake à la banane. Finalement je l’ai eu mon moment de partage à Uluru...
      
    Et ça ne s’est pas arrêté là puisqu’ils m’ontUluru proposé de venir avec eux le lendemain pour faire la randonnée au milieu de Kata Tjuta, d’autres formations géologiques non loin d’Uluru. L'érosion a dessiné ces monts tout rond, et la promenade de la vallée des vents qui serpentent entre permet de les admirer et de ressentir la sérénité du lieu. 
     
    UluruLe lendemain, il pleuvait, mon plan était d'aller voir Uluru à vélo. Mark et Edith m'ont accompagné en deux roues pendant que Shannon et Sally conduisaient les Vans pour nous escorter. C'était génial! Et voir Uluru sous la pluie a été une belle expérience, car c'est très rare. Des cascades se sont formées sur le rocher, c'était magique. Une chance d'avoir de la pluie au milieu du désert si aride!

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  • Kings CanyonA Uluru j'ai profité d'une petite connexion internet pour consulter mes mails, j'ai trouvé vos gentils mots et un message de David, mon ange gardien dans le Painted Desert. Il m'écrivait qu'il avait bien rigolé avec moi et que si je le souhaitais il pouvait venir me chercher en 4X4 sur la route du retour d'Uluru pour m'emmener voir Kings Canyon et d'autres endroits secrets. Attirée par ce mystère, j'ai répondu positivement à sa proposition. Nous nous sommes retrouvés sur la route, nous avons chargé mon vélo dans le pick-up et sommes partis en direction de Kings Canyon.

    Sur la route nous sommes passés direKings Canyon bonjour à un ami a lui qui a une ferme, et dans sa propriété David m'a montré des peintures aborigènes. Il m'a expliqué la signification des différents dessins, l'importance des peintures dans la culture aborigène. Sur la photo la peinture représentée est une empreinte d'émeu.

     

    Kings CanyonArrivés à Kings Canyon, nous avons fait une randonnée autour du canyon pour en aprécier toute la dimension. Les couleurs sous le soleil revenu étaient magnifiques, les oiseaux chantonnaient dans les arbustes et un petit wallabi faisait des acrobaties dans les rochers. Que la nature est belle!


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  • Hermannburg et la Palm valleyAvec David, nous avons continué la Merrenie Loop en passant par Hermannburg, une communité aborigène. Nous avons séjourné chez un ami à lui qui s'occupe de la prévention santé dans la communauté. 600 personnes vivent ici, dans des villas construites par le gouvernement. La situation des aborigènes est un sujet délicat à aborder avec les Australiens, aussi étais-je contente de pouvoir en parler librement et de poser toutes les questions qui me tenaient à coeur.

    Puis nous avons pris une piste très, maisHermannburg et la Palm Valley alors très accidentée pour aller voir la Palm Valley, un canyon qui comme son nom l'indique abrite de nombreux palmiers en son coeur. J'avais l'impression d'être dans un shaker dans le 4X4, et certain passage était vraiment délicat. Mais j'avais le numéro 1 des pilotes avec moi! Ca valait vraiment la peine, la Palm Valley était juste somptueuse...

     


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  • David m'a déposé ce matin à Alice Springs qui ne sera pour moi qu'une ville étape pour refaire le plein de nourriture, d'eau, réparer mon vélo et planifier mes étapes pour reprendre la route pour le nord. Je suis arrivée pendant le Beanie Festival, le festival du bonnet. Ambiance très hippie, des bonnets partout. Ca peut paraître un peu dérisoire au milieu du désert mais si pendant cette période hivernale les températures montent à 30°C pendant la journée, elles frôlent les 0°C la nuit.... Autant vous dire qu'il ne fait pas chaud dans la tente, et le matin quand je prends le vélo à 8h je roule en tenue manches longues avec les gants!

    Je reprends donc la route demain, en direction de Darwin, à 1500 km de là. Des milliers de kilomètres, mais en chemin m'attendent des centaines de rencontres, des dizaines de merveilles à découvrir et un rêve à réaliser : traverser l'Australie à vélo!


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  • Devil's MarblesEn continuant ma route vers le nord et après avoir franchi le tropique du Capricorne, je suis arrivée au beau milieu d’une formation géologique surprenante, Devil’s Marbles. Pour les aborigènes, il s’agit des œufs du serpent sacré, et pour les scientifiques c’est le résultat de la contraction d’une couche de granite après un refroidissement rapide lors de sa formation. Des cassures verticales et horizontales sont apparues, découpant la roche en cubes. Ensuite avec l’érosion, les cubes se sont peu à peu transformés en billes.J’ai fait une petite randonnée au milieu de ce paysage incroyable, histoire de me dégourdir un peu les jambes...


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  • Daily Waters PubDepuis des centaines de km les gens que je rencontrent me parlent du Daily Waters Pub, qui se revendique comme étant le plus ancien pub du pays. Cet endroit extravagant regorge de souvenirs laissés par les voyageurs de passage, billets de banque, porte-clés, t-shirt, carte d'étudiant, bracelets, petites culottes... Au plus profond de l'outback, c'est donc the place to be, pour écouter les histoires et les chansons des artistes locaux. Ambiance très country garantie! Ca a également été pour moi l'occasion de déguster un bon barra burger, un burger au barramundi, ce faveux et délicieux poisson du nord.


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  • MatarankaDans le centre, la chaleur est devenue de jour en jour de plus en plus écrasante. Ca a beau être l'hiver, j'ai dû pédaler certains jours sous plus de 40°C, autant dire que cela a été assez éprouvant pour mon petit organisme. Ajoutez à cela que les roadhouses sont ravitaillées par les pingouins et vous obtenez une région aride, pauvre en eau et en nourriture. Avec la fatigue accumulée, j'ai eu une petite défaillance sur le vélo à 40 km de Mataranka. Je me suis arrêtée pour demander du sucre à une caravane et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire je me suis retrouvée assise surMataranka une banquette, avec une tasse de thé dans une main et des biscuits dans l'autre. J'ai pris le temps de retrouver mes esprits et j'ai couvert les km qui me restaient pour atteindre Mataranka. Cette petite bourgade est réputée pour ses sources naturelles où il fait bon se baigner. J'ai pensé que c'était la place idéale pour faire un break et reprendre des forces.

    MatarankaAlors que j'errais dans la petite ville pour acheter de quoi manger, un camping-car m'a klaxonné et deux petites granies sont descendues. Angela et Julia m'avaient doublé un peu plus tôt et elle voulaient m'inviter à prendre un verre avec elles le soir. Mais plus que ça, en voyant mon état elles m'ont hébergé dans leur camping et ont pris soin de moi pendant deux jours. J'ai passé de merveilleux moments avec elles, je leur ai préparé un diner, elles étaient toutes contentes d'avoir leur "French Cook"!


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  • La Stuart Highway est l'axe routier principal qui traverse l'Australie du sud au nord. Elle doit son nom à l'explorateur écossais John McDouall Stuart, qui après 3 tentatives à tracer une voie entre Adélaide et Darwin, notant scrupuleusement l'emplacement des points d'eau. A l'époque cette expédition avait pour but d'installer une ligne télégraphique reliant le sud au nord.

    Sur cette route légendaire, j'ai pu croiser toute sorte de véhicules, travailleurs ou voyageurs.

    Les rencontres sur la Stuart HighwayLes premiers utilisateurs de la Stuart Highway sont les fameux road train, ces monstres du désert tirant 3, 4 voir 5 remorques et pouvant atteindre plus de 50 mètres de longueur. Quand je les entendais arriver je sortais de la route. Je me prenais une sacrée poussée d'air dans le dos quand ils me doublaient et en pleine face quand je les croisais.

    Les 4X4, vans, camping-car et caravanesLes rencontres sur la Stuart Highway sont les véhicules de prédilection des touristes étrangers ou des grey nomads, ces australiens qui profitent de leur retraite pour voyager à travers tout le pays. Ces derniers m'ont beaucoup aidé en me donnant de l'eau, de la nourriture, mais surtout des sourires, des encouragements et des échanges, si important lorsque l'on voyage en solo.

    J'ai également croisé d'autres voyageurs au long court, avec qui j'ai partagé une tranche de vie ou une tranche de pain. De ces rencontres, j'ai pu tirer pas mal de conseils et prendre de grands bols d'énergie, me disant que je n'étais pas seule dans cette aventure!

    Les rencontres sur la Stuart HighwayLes rencontres sur la Stuart HighwayLes rencontres sur la Stuart Highway

      

    Les rencontres sur la Stuart HighwayPeu après Mataranka, j'ai rencontré deux sacrés numéros, Frédéric, professeur de sport en région parisienne et futur membre de Champigny Triathlon, et Bernard, candidat de la dernière édition de Koh Lanta. Tout deux se sont lancés le défi de faire la traversée Adélaide - Darwin en trottinette! Chapeau melon l'artiste!

    Mais la rencontre la plus insolite fut celleLes rencontres sur la Stuart Highway avec un coureur pour le mouvement pour la paix. Alors que j'étais sur mon vélo, en pleine ligne droite à  perte de vue, sous une chaleur écrasante, j'ai vu au loin un homme courir, seul, avec pour seul équipement une torche à la main. J'ai d'abord cru que mon imagination me jouait des tours, alors je me suis arrêtée pour me frotter les yeux. Mais non, cet homme était bien réel et se rapprochait de plus en plus de moi. J'ai calculé rapidement, nous n'étions pas dans une année olympique... Arrivé à ma hauteur, je lui ai tendu mon bidon d'eau, il s'est arrêté pour boire et pour m'expliquer son engagement. En fait c'est une course à travers le monde entier, tous les 10 km les coureurs se relaient pour porter cette flamme, symbole de la paix. Il n'était donc pas esseulé en plein désert, une voiture le suivait un peu plus loin.


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  • A une centaine de kilomètres de Darwin se trouve le Parc National de Litchfield, un véritable havre de paix au milieu de la fôret tropicale. Il regorge de rivières et de cascades, mais aussi de termitières géantes, de lézards et de crocodiles. C'est un parc vallonné, qui a laissé des traces dans mes cuisses et mes mollets et mis a rude épreuve ma détermination. J'ai du poser pied à terre dans une montée à 10%, car même avec la meilleure des volontés, les 50 kg de ma remorque m'ont stoppé net. J'ai donc poussé le vélo sur 2 km, en pleine chaleur. Une caravane m'a attendu en haut pour m'offrir un jus de mangue frais. 

    Litchfield National ParkLes termitières géantes sont une curiosité notable du nord de l'Australie. Elle peuvent atteindre jusqu'à 5 mètres de haut. Ses occupants, les termites boussoles ou termites magnétiques, doivent leur nom à l'orientation nord-sud des termitières, la partie la plus large étant toujours orientée vers le sud.

     

    Parmi les plus belles cascades du parc, il yLitchfield National Park a Florence Falls où j'ai piqué une tête rafraichissante. Une belle randonnée à travers la forêt permet d'en faire le tour et d'avoir u joli point de vue en hauteur. J'ai planté ma tente dans l'aire de bush camping à proximité pour passer ma première nuit dans le parc.

     

    Litchfield National ParkLe lendemain matin, j'ai repris la route avant de laisser la remorque attachée à un poteau pour prendre une piste sablonneuse en VTT à la découverte de la Lost City. Cet endroit au nom évocateur est en fait une formation géologique ressemblant à s'y méprendre aux ruines d'une ancienne ville.

     

    L'attraction numéro 1 du parc est sansLitchfield National Park conteste Wangi Falls, cette cascade géante qui offre une grande piscine à sa base où il fait bon se baigner. J'avais un présentiment étrange et j'ai demandé dix fois si la zone était vierge de crocodiles. On m'a certifié que oui, alors je me suis baignée. Le soir j'ai campé dans l'aire à proximité. Au petit matin j'ai voulu me baigner de nouveau dans la cascade mais ô surprise, l'accès était fermé, un crocodile venait d'être aperçu... Mon instinct ne m'avait pas trompé, je le sentais!!

    Litchfield National ParkEn continuant vers l'extrémité nord du parc, je suis arrivée à Water Creek, une rivière sauvage qui s'écoule à travers la forêt. Pour ma dernière nuit avant d'atteindre Darwin, j'ai décidé de laisser le vélo en bas et de faire une marche le long de la rivière, et de monter un bivouac sauvage le soir venu. Je n'en menais pas bien large, sachant que la forêt abritait toute sorte de bêtes hostiles, serpents, araignées, lézards, tout ce que j'aime... J'ai trouvé un spot magnifique à côté d'une petite cascade. J'ai planté ma tente, je me suis baignée et j'ai préparéLitchfield National Park un feu pour cuisiner. Mais je n'étais pas seule, un gros lézard tournait autour de ma tente, se dandinant en tirant son horrible langue. Bon... opération self control, auto persuasion, non je n'ai pas peur..... En terme de sommeil, ce n'est pas la meilleur nuit que j'ai passé, me réveillant en sursaut à chaque bruit suspect. Mais je suis contente d'avoir vécu cette expérience insolite!


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  • 20 Juillet 2013... 2 mois tout rond après mon départ d'Adélaide, je prends la route pour atteindre Darwin. Il me reste une cinquantaine de kilomètres à parcourir. Je n'ai pas bien dormi la nuit dernière, j'avais le cerveau en ébullition à repenser à ces deux mois sur la route. Que de km parcourus, que de rencontres, de découvertes... J'avais longuement hésité à partir, mais aujourd'hui je le sais, c'est l'une des meilleures décisions que j'ai pu prendre.

    Je monte sur mon vélo pour la dernière ligne droite, avec un grand sourire. J'ai le coeur qui bat à 100 à l'heure, j'ai des frissons tellement je suis envahie par l'émotion. Je pédale plus vite que jamais, et puis parfois je ralenti, je suis partagée entre l'envie d'arriver et l'envie d'en profiter. Je suis perdue dans mes pensées quand une caravane me double en klaxonnant. La fenêtre fumée s'abaisse et qui vois-je? Pat et Jamie! Un couple que j'avais rencontré avant Devil's Marbles. Une deuxième caravane fait de même, ce sont Bob et Mary, que j'avais rencontré la même soirée. Ils s'arrêtent un peu plus loin pour me faire un big hug. C'est fou de les retrouver ici! Ils me demandent où je compte arriver à Darwin pour célébrer mon arrivée avec moi. Le rendez-vous est pris sur le port, 2h plus tard. Ils repartent, et moi aussi.

    L'arrivée à DarwinEnfin je vois les tours de Darwin, et la mer au fond. Je n'en reviens pas. Je pensais que je monterai dans un bus en cours d'aventure, je pensais que c'était trop, et me voici à quelques encablures du port de Darwin. Bob et Mary m'ont donné un drapeau australien que je fais fièrement flotter sur mon guidon.

     

    Je prends l'aller du port.... Plus queL'arrivée à Darwin quelques mètres... Ca y est je l'ai fait!!!! Je descends de mon vélo dans un hurlement de joie et je fond en larmes dans les bras de mes amis qui sont bien au rendez-vous. Je pleure comme une madeleine, je ne m'arrête plus, je crois que les nerfs lâchent complètement. Je fais pleurer Helen et Jamie avec moi. Puis Pat et Jamie me tendent une bouteille de champagne. Haha c'est énorme! Je fais sauter le bouchon. Les gens s'arrêtent pour me demander ce que j'ai fait, je n'ai pas le temps de répondre car Bob s'en charge. Il est tout fier de raconter mon périple, et les gens me prennent dans leur bras pour me féliciter.

     

    3853 km.... 2 mois tout rond...

    1 fille, 1 rêve, des dizaines de rencontres, des centaines de sourires, des milliers de kilomètres et des milliards d'étoiles dans les yeux...

    "A coeur vaillant rien d'impossible"...


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